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Ma TDS, vue de l'intérieur

3 septembre 2017 - 17:58

Un résumé de ma course : un ultra n'est pas un "long fleuve tranquille", il s'en passe des choses durant 25 heures ! C'est un peu long, comme la course...

Durant 119 kms à courir autour du Mont Blanc, il s'en passe des choses que le "suivi live" ne montre pas, alors voici un résumé de ma course.

Un départ improbable !!

Lever 3 h du mat, bus organisation et arrivée à 4h45 à Courmayeur. L'attente commence puis nous nous rendons à pied à la dépose de nos sacs pour la base de vie. Durant le trajet, Eric s'aperçoit que sa poche à eau fuit ! Nous n'arrivons pas à trouver le problème et il doit transvaser son liquide dans une bouteille pastique que j'avais pour l'avant course. 5h35, nous sommes dans le sas de départ, Eric ne se sent pas bien, il est agenouillé par terre, à ce moment avec Mika nous pensons qu'il s'agit d'un "gros coup de stress" et j'essaye de le réconforter mais cela n'y change rien. Les minutes passent et le compte à rebours commence, nous relevons Eric, la course pars et .....Eric s'écroule par terre !!  On crie pour prévenir les coureurs derrière, un coureur vient à côté d'Eric, d'autres appellent des secours. Le coureur prend le poul d'Eric, me demande de lui relever les jambes, les secondes, minutes passent (je sais plus trop) puis finalement Eric reprend connaissance. Les secours arrivent, j'échange quelques mots avec eric, envoie un SMS à Robert et...je prend le départ avec le coureur resté avec nous. On franchit donc les derniers cette ligne de départ, on zigzague entre les passants durant 1 kilomètre puis on rejoint l'arrière du peloton. Je fais rapidement connaissance avec Alain, un gars du haut-Doubs! comme moi, pompiers (bien sûr!) et déjà 6 fois finisher de la TDS !! Il me propose de faire la course ensemble..Allez c'est parti!!

Jusqu'au col du petit saint Bernard km 36 : une jolie ballade

La montée au col Chécrouit sur un chemin large avec un peloton dense est sans réel intérêt mais nous doublons en passant sur la côtés, on est dans les 1000 au col. La montée jusqu'à l'arête du mont Favre par des petits sentiers est plus sympa, il fait bien jour mais des nuages bas masquent les reliefs aux alentours. Première descente technique jusqu'au lac Combal, deuxième ravito, je m'aperçois qu'Alain descend bien alors que j'essaye de ménager mes genoux. Une partie plane dans un décors grandiose nous amène au pied du col de Chavannes, nous montons assez tranquillement les uns derrière les autres, c'est déjà un peu technique et il faut faire attention de ne pas faire tomber  des pierres sur les coureurs en dessous (j'ai su plus tard que cela est arrivé à certains). Suivent 15 kms de descente facile jusqu'à la passerelle d'Alpetta, je ne vois pas Robert..? il a du partir pour ne pas manquer Mika au saint Bernard! Le paysage est magnifique dans les alpages, petits sentiers, montée progressive mais il commence à faire chaud, on se ravitaille en eau dans l'eau des torrents. On longe le beau lac de verney et un "raidart", court heureusement, nous fait accéder au col ou cette fois je vois avec plaisir Robert. Il est midi, je me ravitaille mais je sais pas trop quoi prendre...Nous sommes remontés à la 665 ème place.

Descente jusqu'à Bourg saint Maurice km 51 : Aïe les genoux !

 

Le début est agréable mais ensuite la pente s'accentue est je n'arrive pas à relâcher, les premières douleurs sont ressenties, ensuite c'est plus de la route, ce qui, pour l'occasion m'arrange. En "fond de vallée", la température augmente est un ravito eau supplémentaire à Seez est le bienvenu, les écarts sont maintenant plus conséquents, je cours côte à côte avec Alain, on discute un peu, les alentours de Bourg n'ont rien d'extraordinaires. Je retrouve  mon assistant, Robert, au ravito, soupe, riz, massage des cuisses. Je retrouve Alain à la sortie du ravito, il déguste un "granite" qui lui faisait envie depuis un moment;

Montée au fort de Platte  : Mon chemin de croix

Je sais ce qui m'attend : 1200 mètres de montée, au soleil, Alain part devant, j'adopte un rythme que je pense pouvoir tenir. Durant presque une heure je monte sans m'arrêter mais je peux pas dire que je suis "facile", je suis progressivement obligé de ralentir puis je m'arrête (des dizaines de coureurs sont assis sur le côté du chemin), je sors une barre mais j'arrive pas à la finir...je repars à un rythme vraiment lent, c'est dur, j'appuie sur les bâtons mais je sens les jambes bien fragiles, j'arrive à un léger replat, c'est le fort du Truc, où je vois de nombreux coureurs assis dans l'herbe, je vais faire de même !! Je retrouve Alain et une de ses connaissance FB, j'essaye de manger mais rien ne passe, au bout d' 1/4 d'heure on repart les 3  mais une fois debout me voilà qui vomis en deux fois mes deux derniers ravitos !! Alain dit "là ça se complique", il me passe un "truc" sucré, je me force à l'avaler et boire. Je n'arrive pas à les suivre, pour compliquer l'affaire j'ai pas assez d'eau (1,2 L, j'ai pas voulu prendre mes deux gourdes à Bourg !). On est maintenant "à découvert", je vois le fort au loin mais il se rapproche trop lentement, j'ai SOIF, encore 1 ou 2 arrêts sont nécessaires, j'arrive enfin et... me voilà qui vomis de nouveau, que du liquide, juste avant le fort. Je bois de l'eau jusqu'à plus soif, fait le plein des gourdes, Alain n'est plus là, je repars.

Jusqu'au cormet de Roselend : Juste magnifique

Au bout de 5 minutes, les jambes ne répondent pas, nouvel arrêt dans l'herbe, que faire ??? J'ai des barres solides mais j'ai pas envie, je fouille dans les poches de mon sac et trouve un gel "GU" chocolat-coco, c'est pas bon mais je le prend en entier avec un peu d'eau, encore 5 minutes puis je repars. La pente est moins raide jusqu'au col de la Forclaz, je fais de la marche rapide avec les bâtons mais assez rapidement je sens que "ça va mieux", les paysages sont de nouveau grandioses, je croise un troupeau de chèvres, passé le col je reprend la course d'abord un peu de plat puis une descente technique avant d'attaquer le "passeur". Je dépasse le coureur qui était avec Alain, il a très mal aux genoux (tendinite TFL, comme moi à l'UTTJ), je l'encourage mais il dit qu'il va (sagement) arrêter au cormet. Cette fois j'ai retrouvé mes jambes et j'attaque décidé cette montée, vers le sommet, le panorama est magnifique, le sentier assez "aérien" avec des passages sur rocher et la pente sur notre droite... conséquente!! Arrivée au "Passeur de Pralognan", il faut redescendre le long de cordes et câbles, bien technique, ensuite le sentier est toujours bien pentu, mes genoux "dégustent" mais je cours, la base de vie approche, un peu de plat sur herbe, cool!, du chemin blanc, puis j'aperçois Paul, Robert et Lucas le fils de Mika. Je récupère mon sac, je me change pour la nuit (pas trop froide), pas facile de s'organiser seul entre le ravitaillement, les habits.... le manque d'expérience ! Je récupère ma montre laissée en charge (merci Garmin), à la sortie du ravito, Robert "la science" me détaille ce qui m'attend sur le parcours.

11h 54 de course Classement : 540ème

Jusqu'au col du Joly km 86 : à la tombée de la nuit

Le moral est en hausse, j'envisage sérieusement de franchir cette ligne d'arrivée, mais il reste tout de même 2500 mètres et autant à descendre surtout !! Le col de la Sauce se monte facilement, je suis mieux que la plupart des coureurs (ça rassure), je sors la veste de pluie, il y a du vent surtout et quelques gouttes mais c'est pas bien méchant et la température reste très clémente, j'ai même chaud avec mon manche longue plus la veste. La descente est rendue glissante avec  la pluie, j'ai moins mal aux genoux, il faut dire que j'ai pas hésité à mettre la dose de baume du tigre !! Je sors la frontale juste avant le passage du curé, c'est un chemin de pierre taillé dans la falaise qui surplombe et sur la droite des gorges profondes, d'ailleurs les signaleurs placés juste avant m'ont dit "serrez à gauche", j'ai compris pourquoi, mieux vaux éviter une glissade non contrôlée !! A la Gittaz, il y a un robinet ouvert dans une auge, je fais le plein et avale une compote banane. Cette fois c'est la nuit noire, passage au col est de la Gitte, je progresse, j'entends ce qui semble être le prochain ravito, on fait un long détour avant d'y parvenir (je pense à Robert qui me l'avait dit!), mais comme il s'agit d'une succession de plats et petites montée-descente cela me convient bien et je cours. Ravito! : Cette fois j'adopte la soupe de pâtes + fromage + pain et saucisson à côté. Je  demande une pommade pour masser mes cuisses  qui sont douloureuses dans les descentes pentues.

Jusqu'aux  Contamines km 96 : Encore une vilaine descente

C'est pas toujours "plaisir" durant 119 km sur ce genre de course, c'est un défi, d'abord finir et ensuite faire "sa course" pour ne rien regretter à l'arrivée, j'ai donc serré les dents et continué de courir même si j'étais pas à des vitesses "supersoniques". Bien content de revoir Robert, massage, ravito et surtout enlever les cailloux qui me gênent depuis en moment. Encore un "topo parcours" de Robert  que je ne reverrai qu'à l'arrivée, la faute à Mika qui a pris trop d'avance...ou moi trop de retard.

17h30 de course, je suis 392 ème

Les Houches km 111 :  le "Tricot" c'est pas mon truc

D'entrée la pente est raide, sur la route puis sur un chemin 4x4, cette fois c'est la fatigue qui fait que les jambes répondent moins bien, faut ralentir, on bifurque ensuite sur un "vrai sentier", ça me fait toujours du bien au moral même si ça monte encore. Le vent souffle de plus en plus fort, puis les premières gouttes, j'ai pas trop envie de remettre la veste et d'avoir chaud ensuite mais arrivée vers le sommet du chalet du truc, à découvert, j'ai pas le choix !! Encore une descente "bien technique" et glissante et surtout on voit les frontales "tout en bas" et celles "tout en haut" au sommet du Tricot juste en face. J'attaque le Tricot tranquillement, Paul a dit "C'est un petit Rocheblanche" sauf que j'ai jamais fait Rocheblanche après 100 km de trail !! Je monte en zigzaguant tous les 3-4 mètres entre des grosses pierres, je pousse tant que je peux sur les bâtons et cette fois quelques coureurs me rattrapent. Le sommet est visible par une lampe orange mais elle se rapproche trop lentement. Sommet enfin, pleins de coureurs sont assis; le Tricot a fait mal ! Descente aussi raide que la montée dans des ravines. On passe une passerelle suspendue au dessus de la langue du glacier de Bionnassay, impressionnant!!, puis encore des sentiers très techniques, des grosses pierres jusqu'à Bellevue, point de contrôle..et un peu d'eau. Le contrôleur me dit "850 mètres" de descente jusqu'aux Houches, malheur !! Plus qu'à serrer les dents, c'est la dernière.

23 heures de course, 358 ème

Chamonix km 119 : La ligne d'arrivée tant rêvée !

Je fais un ravito "express", cette fois je suis certain d'arriver et  j'ai hâte d'y être. Je repars seul, on emprunte un petit chemin style voie verte qui monte et descend légèrement. J'arrive à courir à 7-8 km/h et finalement je rejoins un premier coureur qui lui marche, puis un second et ainsi de suite. L'idée de gagner encore quelques places me motive à courir, on arrive cette fois sur la route, c'est plus difficile, j'alterne marche et course. Enfin je reconnais l'entrée du centre de Chamonix, il est 7 heures du mat, les spectateurs sont peu nombreux mais nous encouragent, j'entends le speakeur, plus que quelques mètres, je franchis cette ligne tant attendue, je suis Finisher de cette TDS.

Total : 25h12 de course 364ème

Que dire ?? C'est une très belle course, pas une "p'tite course", un beau défi pour moi (mon premier 120 km) qui m'a bien éprouvé !!. Une première partie où l'on peut courir et apprécier les paysages (si la météo le permet, nous on eu de la chance contrairement aux OCCistes,CCCistes et UTMBistes !!) puis des descentes bien techniques, des montées bien raides à partir de Bourg saint Maurice.

J'y retournerai un jour mais pas dans l'immédiat...  Un bon souvenir de ce séjour à Chamonix en compagnie d'autres coureurs de l'ALL jura trail, Mika, lui aussi sur la TDS, qui fait une belle course (23h28, 235ème) à l'image de son début de saison et de Paul aussi finisher de la CCC avec Yohann monrolin qui on fait une belle course en Duo (Un DuoTrail dans 15 jours??)  Un grand merci à ceux qui nous ont suivis et assistés, Paul, Robert et sa femme (on attend les photos!) et Lucas

Merci aussi à ceux qui nous ont suivis et encouragés, à la mi-course (Cormet) j'avais presque plus de batterie donc j'ai du mettre le portable en mode veille... J'avais une batterie portable mais le câble était dans la caisse que Robert transportait !!

Commentaires

Staff
Emmanuelle Cousaert
Emmanuelle Cousaert 9 septembre 2017 21:21

Encore bravo Philippe, également admirative ! Encore de beaux souvenirs pour toi, un jour peut-être....

Staff
Nathalie PRUDENT
Nathalie PRUDENT 6 septembre 2017 13:41

Un grand merci pour ce récit, source de partage d'émotions et de sensations. Une belle aventure qui me laisse admirative ! Un jour peut-être ...

Staff
Paul ROULIN
Paul ROULIN 4 septembre 2017 07:29

Eric a appelé Philippe le jeudi, ça allait malgré la déception. j'ai passé un moment avec lui a mon arrivée au gite : il était partagé entre déception mais aussi soulagement de n’être pas parti. Et admettais que c’était mieux comme ça, je lui dis qu' il vienne se remettre "en selle" aux 7 monts. C'est vrai qu'un ultra n'est pas anodin, et que cela se passe rarement comme on l'avait prévu, et qu'il y a beaucoup de paramètres a gérer même minime mais après une dizaine d'heure ils deviennent une priorité. Livetrail ne dit pas tout (mais heureusement) Malgré la météo, superbe séjour a Chamonix et encore une fois bravo a L' ALL JURA TRAIL pour les messages et les encouragements, Bravo aux coureurs.

David MARCHAND 3 septembre 2017 21:20

ben mon vieux, il est clair que le live trail ne retranscrit pas toutes ces péripéties, ces vomitos, ces cuisses et genoux en bois et ces superbes paysages. En tout cas moi ça me donne envie et l'envie de m'entraîner pour y arriver. Merci pour ce beau compte rendu et respect pour avoir franchi cette ligne d'arrivée, qui, je l'imagine, doit procurer quelques frissons et de belles émotions. Quid d'éric ?

Staff
Yannick Michaud
Yannick Michaud 3 septembre 2017 21:15

t'as assuré Philppe, que dire d'autre que bravo et merci du partage, j'y étais presque

Staff
PHILIPPE Bénier
PHILIPPE Bénier 3 septembre 2017 20:41

Merci pour le récit. On a l'impression qu'une telle course est une vie avec des hauts et des bas mais toujours de l'avant. En tout cas, bravo pour la perf' !!

Staff
Baptiste Crétet
Baptiste Crétet 3 septembre 2017 19:33

Félicitations pour ta course !! Vraiment un très beau récit de ton aventure... merci de nous l'avoir fait partager. bon repos

Staff
Amélie PANCHOUT
Amélie PANCHOUT 3 septembre 2017 19:10

Passionnant! Merci pour cette belle histoire! Ca donne envie...

Josie Verguet-Villet 3 septembre 2017 18:59
Joueur

Bravo ! beau récit d'une belle course, j'y étais presque ! Merci !

sept.
09:00
départ cantine municipale
sept.
19:00
Parc des bains
sept.
18:30
Plateau Montciel
sept.
09:00
carrière de Gevingey
oct.
oct.
09:00
parc des bains
oct.

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